Lettre 2.27 – 14 août 1779
14 d’aout
Deventer, samedi à sept heures du matin
Ma toute chère Diotime, je viens d’arriver ici, et je pars tout de suite. Je compte de faire mon voiage exactement dans 2 fois 24 heures. Je me porte bien, pour le corps, mais separé de vous mon ame paroit avoir perdue son essence. Hier je ne pouvois vous ecrire de Maxhaven, puisque le postillon ne retournoit pas. Quand vous recevrez celle-ci je l’ignore, mais je ne puis me refuser la consolation de causer un moment avec vous.
Le chemin que j’ai pris est sans aucun comparaison le meilleur et le plus beau et sans aucun danger ou mauvais passage. A un quart de lieu au dela de Maxhaven commence un chemin sur et entre des montagnes enrichie de vues comme je n’en ai jamais vu, tellement, que mon Suisse s’ecrioit en extase: Voila la Suisse, Monsieur. Je lui demandois d’où il etoit, il me dit qu’il etoit à quelques lieus de Morges, et que c’etoit la precisement comme je vois ici. Il me dit qu’on lui avoit dit que j’irais en Suisse, qu’il esperoit, et qu’il m’accompagneroit volontierement. |